Les cimetières juifs de Genève, du Moyen âge à nos jours

Auteur: Jean Plançon

Une édition de l'Association Patrimoine juif genevois

Broché, 88 pages illustrées

Format: 21.5 cm x 10.5 cm

 

En vente au prix de CHF 13.-

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Au sein des communautés juives, la création d’un cimetière a toujours revêtu une importance particulière. C’est du reste une des préoccupations essentielles auxquelles s’attèlent ces communautés lorsqu’elles se forment et ce, afin de pouvoir garantir à leurs membres la possibilité d’être enterrés suivant les règles halakhiques (les lois juives). Si cela n’a guère posé de problème autrefois, à une époque où Juifs et chrétiens avaient pour habitude d’être séparés, ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui alors que les cimetières sont presque tous devenus communaux et donc « neutres » au sens de la loi - c'est-à-dire ouverts à tous sans distinction de religion. 

En imposant le principe d’un cimetière laïc le législateur a certes octroyé une égalité de traitement devant la mort, mais il a du coup aussi supprimé la liberté d’être enterré selon ses propres coutumes et croyances, ce qui n’est pas sans susciter quelques débats passionnels au sein de notre société. Dès lors, afin de pouvoir répondre aux aspirations de certaines minorités, le législateur a introduit la notion du « carré confessionnel » à l’intérieur même des cimetières communaux, permettant ainsi de concilier principes laïcs et liberté des pratiques religieuses.

Cependant, si la création de ces carrés confessionnels a plutôt été favorablement accueillie par les minorités religieuses, elle n’a pas pour autant résolu certains aspects liés aux pratiques funéraires. Le caractère perpétuel des tombes, par exemple, est un principe fondamental observé dans le judaïsme dit traditionnel (ou orthodoxe). Or, depuis que les cimetières sont devenus communaux, le principe perpétuel a été abandonné au profit d’un système concessionnaire qui est accordé pour une durée limitée. Certes, ces concessions – de 15 ou de 30 ans selon les pays – peuvent être renouvelées, mais ne peuvent en règle générale excéder une durée maximum de 99 ans.

Les communautés juives sont donc confrontées à un dilemme : soit continuer à utiliser les cimetières juifs déjà existants – ils sont encore nombreux – mais pour autant qu’il y ait encore de la place ; soit accepter l’idée qu’une concession de 99 ans constitue une durée de temps « acceptable » qui puisse correspondre à la « notion » de caractère perpétuel des tombes. Fort heureusement, comme précédemment indiqué, de nombreux cimetières juifs subsistent encore aujourd’hui dans plusieurs pays d’Europe et permettent d’assurer les enterrements destinés aux personnes de confession israélite. Au surplus, ils contribuent aussi à maintenir et sauvegarder un patrimoine funéraire qui, dans certains cas, est très ancien et important : comme à Prague où l’on ne dénombre pas moins de 12.000 tombes entassées les unes sur les autres dans le vieux cimetière juif du quartier Josefov.

Ces cimetières renferment une mine de renseignements qui permettent de mieux comprendre les origines de ces communautés et de leurs membres, ainsi que leur implication et développement dans la vie et dans l’histoire du pays Comme nous allons le voir, la région genevoise a accueilli, à travers le temps, plusieurs cimetières juifs. Si deux d’entre eux - établis au cours du Moyen âge - ont aujourd’hui totalement disparu, ne nous laissant que quelques rares témoignages écrits, deux autres sont encore en activité : celui de Carouge, datant de la fin du XVIIIe siècle, et celui de Veyrier-Étrembières, créé en 1920, et qui est le plus important cimetière israélite du bassin lémanique.